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9 sept. 2025

Déplacé, caché, j'ai vu,




Déplacé, caché, j'ai vu,         si lente était ma chute        que l'ai nommée errance.
Tu peux m'y voir errant, extatique dans son vert, dans son verger, l'esprit.

Distillée        l'âme se trouve toujours seule dans une clairière en forêt.
Et frissonne dans la foule.        Main tendue dans la lumière verte
une trêve        qui en déchire le bord.

Je suis tombée aujourd'hui en marchant        je me parlais à moi-même        une chose 
que j'ai dite a brisé l'air        et a continué à le briser        en morceaux de plus en plus petits.


Cole Swensen, extrait de "Promenades de 6 à 10" (avec Rousseau) dans Poèmes à pied, trad. Maïtreyi et Nicolas Pesquès, éd. Corti, 2021.

 

21 août 2023

Un jardin comme un entre-deux

 























comme un tissu articulaire entre cité et océan, entre lande et

bâtiment, autour d'une maison, une jungle

tend

        un aimant à une jungle. Une allumette

frottée, une jointure taillée ; sers-t'en

                                                            bien. Qu'il règne

                                                            entre le guindé et l'enflammé, faille

dans l'émail qui nous permet de nous couler à nouveau dans une plaine.

Le jardin inscrit dans cette plaine un premier principe. Il arpente, précis,

et plane, cartilage entre route et maison,

écurie mentale pour roses de dressage

                                                        il plane

                                                                    dès lors qu'un jardin s'enracine

pour moitié dans l'idée, rendant la terre instable, une machine volante avec trois ailes,

puis cinq, puis partout dans le ciel, panoramas miniatures, le jardin,

d'un poing, s'ouvre en ponts.


Cole Swensen, "Le Nôtre”
(trad. Maïtreyi et N. Pesquès)
éd. Corti

28 mars 2019

Au début, presque tout le vocabulaire paysager s'efforçait de faire du monde entier votre maison




























































Au début, presque tout le vocabulaire paysage s'efforçait de faire du monde entier votre maison. Le Nôtre en particulier voyait dans sa marche un corridor, et donc entrait dans une clairière appelée "Le Hall du festival" ou "Le théâtre d'eau" ou "Le couloir aux miroirs", force fut d'admettre que seul nommer pouvait produire le manège de ces vastes étendues,
des anneaux du hasard
gardés dans des atomes
gardés dans des jarres aux rebords des fenêtres
                                                                        qui avaient aussi des noms commençant par
Mon autre maison est plus grande.


Cole Swensen, Le nôtre
(trad. Maïtreyi et Nicolas Pesquès)
Éd. Corti, coll. « Série américaine »

3 mars 2016


"Est la distance lente qui se déplace lentement, 
une ligne fine qui mène l’œil errant."


extrait de "Paysages sur un train", Cole Swensen
Poème est extrait de Landscapes on a train, Nightboat Editions