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29 août 2016

"Ne vous servez pas du téléphone
Les gens ne sont jamais prêts à répondre
Servez-vous de la poésie. »

Jack Kerouac, "à Edward Dahlberg » (1970)
« Poèmes » , Seghers, 2002

6 juin 2014

Puis, dans l'ombre qui
épaissit : — (avec lui, quelques
femmes avec gosses sur les genoux,
Après-midi-soleil, brise, bourdonnement
d'insectes, grondement de voitures sur
la grand-route) — Très loin dans
le bleu intense un avion de ligne
en direction de Richmond —
puis le diamant jaune du
panneau Stop, à l'arrière,
l'ombre d'un piquet de bois
qui le coupe en deux — Un
bosquet d'arbustes bougeant
légèrement & puis le maïs du Copain
Tom, maïs géant, frissonnant, bavard,
hanté, gesticulant, des chiens le traversent
en courant, les herbes pullulent,
les arbres débordent au-delà —
Puis ses perches délavées,
cage à poule, portes,
gonds, fils de fer emmêlés —
herbes — fleurs sauvages rouges —
un grand pin majestueux
avec les boules noires de
ses cônes se détachant sur
le bleu vif — sous lui
un saule pleureur excité
ondulant comme le chant
d'un Zéphyr — 2 voitures
sont garées dessous, une Cadillac
bleue "queue-de-poisson" — celle de Tom —
une grande fleur rouge raide —
des gens en visite, bavardant —
des enfants — Lilian en
short (grande, grosse) fourre
un carton dans le tonneau
rouillé — La base du
pin délavée — La cabane de
jardin du Copain Tom, juste un coup d'œil
à l'intérieur — râteau appuyé
sur la paroi — Le mur de la forêt au-delà.

Ils sont assis, de l'or
dans les cheveux —

Jack Kerouac, "Livre des esquisses"
(trad. Lucien Suel)