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26 sept. 2016

Puis nous passâmes devant les falaises ombragées de l’île de Baffin, qui nous conseillèrent de rester à distance avec leurs corbeaux croassant qui battaient des ailes. Tout en nous regardant, les femmes mettaient les bébés dans les armautis des autres. La toundra était jonchée de mâchoires de souris, de débris de peau de baleine et poils de caribous au-dessus desquels bourdonnaient des mouches, de pelvis de lièvres arctiques, et de trains articulés de vertèbres de phoque que nous pouvions entrechoquer entre nos mains. Les renoncules arctiques éclosaient sur les masses de mousses noires. Les oiseaux chantaient comme de l’eau métallique. Nous laissâmes tout cela derrière nous. Nous voulions le passage du nord-ouest. Au cap Walker, toutefois, les vigies virent de la glace. Un mur de glace. 

William T. Vollmann, « Les Fusils » 
trad. Claro, 2006.

24 mai 2013

"La vie offre un fragment parfait d'elle-même au Karen's Café ( à Shelby, Montana). "Qu'est-ce que je sers à ces charmants messieurs par cette charmante journée ?" demande la serveuse morose. Et je me dis : Quelle horreur ce serait de vivre à Shelby. Si j'y vivais, pourtant, la vie ne me serait ni plus ni moins agréable qu'ailleurs. En attendant, quelle perfection que de transiter par Shelby avant de me ruer vers la voie ferrée quand j'entends un train aboyer dans la nuit ! Avec ma dulcinée, je campe  près de Shelby, au milieu du vent, du feu et de la lune, parmi la pluie de flammèches et l'odeur suffocante de la fumée, les rafales de vent délicieuses, les taches de nuages dans les montagnes, la nuit ; bref, je me suis échappé de Shelby."

William T. Vollmann "Le Grand Partout"