27 avr. 2021

Les rêves se composent essentiellement d’un décor


 






















Annie Dillard, "Une enfance américaine", 1987


Les rêves se composent essentiellement d’un décor comme tous les gens qui en racontent ou en écoutent le savent.


Nous remontions une étroite rue pavée du vieux continent.

Nous descendions la passerelle d'un paquebot pourtant dans les bras un bébé.

Nous sortîmes des bois, parvînmes au sommet de la montagne et aperçûmes l’eau ; nous amarrâmes notre radeau grossier à des rives brûlées.

Nous étions allongés sur les branches d’un arbre au bord du chemin.

Nous dansions dans une salle de bal sombre et les rideaux volaient aux fenêtres.


Les lieux clos où nos vies se déroulent, dans l’urgence, ressemblent à des labyrinthes compliqués dont nous apprenons le parcours section après section (la rue du village, le grand navire, la colline boisée), sans nous rappeler comment ni où elle se combinent dans l’espace.